Chaque mois, 41,2 millions de Français passent par Amazon, soit 70,2 % de la population de 11 ans et plus. Aucun autre marchand n’approche ce niveau. Derrière ce bloc, le classement des sites de vente en ligne les plus fréquentés en France a pourtant changé de visage au deuxième trimestre 2026 : Booking.com grimpe sur le podium, Temu recule de 3,1 millions de visiteurs et Vinted revient dans le top 5. Ces mouvements racontent une réalité utile pour toute entreprise qui vend en ligne : l’audience ne se confond pas avec le chiffre d’affaires, et le trafic web marchand ne dit rien de la qualité d’une visite. Un internaute qui consulte un horaire de drive pèse autant qu’un acheteur qui remplit son panier dans les compteurs de Médiamétrie. Les chiffres qui suivent proviennent du baromètre trimestriel Médiamétrie//NetRatings x Fevad, publié en septembre 2026, sur la période avril à juin. Ils mesurent les visiteurs uniques sur ordinateur, mobile et tablette. À la clé, un classement des sites e-commerce à connaître, mais surtout des décisions concrètes pour les PME : où se rendre visible, à quel coût, et quand basculer vers son propre canal de vente.
En bref
- Amazon garde une avance de 9 millions de visiteurs sur Leboncoin.
- Booking.com signe la plus forte progression : +2,3 millions de visiteurs en trois mois.
- Temu perd 3,1 millions de visiteurs et quitte le top 3, mais ses habitués reviennent plus souvent.
- Vinted reprend une place et affiche 6,3 millions de visiteurs quotidiens.
- Shein remonte mécaniquement, sans regagner d’audience.
- Plus de 9 visites sur 10 se font sur mobile chez Shein, Lidl, Temu et Vinted.
- Les plateformes chinoises décrochent à l’été 2026, jusqu’à -42,3 % pour Shein en juillet.
- Vendre sur Amazon ou Cdiscount coûte environ 40 € HT par mois, auxquels s’ajoute une commission.
Le classement 2026 des sites de vente en ligne les plus fréquentés
Le podium ne suffit pas à comprendre le marché. La colonne des visiteurs quotidiens révèle les usages réels : on vient sur Vinted par réflexe, sur Cdiscount pour une promo précise, sur Booking pour préparer un voyage.
| Rang | Site | Visiteurs uniques par mois | Part des Français | Visiteurs uniques par jour | Évolution vs T1 2026 |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Amazon | 41,2 M | 70,2 % | 10,5 M | = |
| 2 | Leboncoin | 32,1 M | 54,7 % | 8,3 M | = |
| 3 | Booking.com | 22,5 M | 38,3 % | 2,4 M | +1 |
| 4 | Temu | 21,3 M | 36,3 % | 5,4 M | -1 |
| 5 | Vinted | 20,1 M | 34,2 % | 6,3 M | +1 |
| 6 | E.Leclerc | 20 M | 34,1 % | 3,1 M | -1 |
| 7 | Lidl | 18,7 M | 31,8 % | 2,6 M | +1 |
| 8 | Carrefour | 18,6 M | 31,7 % | 2,5 M | -1 |
| 9 | Shein | 15,5 M | 26,4 % | 3,7 M | +3 |
| 10 | Cdiscount | 15,4 M | 26,2 % | 1,3 M | -1 |
Source : baromètre de l’audience du e-commerce Médiamétrie//NetRatings x Fevad, 2e trimestre 2026.
Un chiffre résume la concentration du secteur : 53 millions d’internautes, soit 90,4 % des Français de 11 ans et plus, visitent chaque mois au moins un site du top 20. Pour compléter ce tableau, le classement des sites les plus visités en France élargit la comparaison à tous les secteurs, Google et YouTube en tête.

Amazon et Leboncoin : deux façons d’occuper le terrain
Les deux leaders ne jouent pas la même partition. L’un industrialise la logistique et la conversion, l’autre capitalise sur l’annonce locale et l’occasion.
Amazon, 41,2 millions de visiteurs et une machine à conversions
Le site reste numéro un avec 9 millions de visiteurs d’avance sur son poursuivant. Il a encore gagné près de 500 000 visiteurs en un trimestre. Particularité : 36 % de son audience arrive sur ordinateur, la part la plus élevée du top 20. On compare, on lit les avis, on vérifie les caractéristiques avant d’acheter.
Côté vendeur, l’offre Individuel coûte 0,99 € HT par article vendu, l’offre Professionnel 39 € HT par mois. Des frais de vente s’ajoutent selon la catégorie. La logique est simple : vous louez une audience déjà présente, mais vous acceptez ses règles.
Leboncoin, la force de l’annonce locale
Avec 32,1 millions de visiteurs mensuels et 8,3 millions de visites quotidiennes, Leboncoin est le deuxième réflexe d’achat des consommateurs français. Le site a gagné près d’un million de visiteurs en trois mois. Ici, pas de catalogue centralisé : des annonces de particuliers et de professionnels, du canapé à la voiture en passant par l’appartement.
Pour une entreprise, le compte pro et les options payantes de remontée offrent une visibilité locale difficile à égaler. En revanche, un catalogue de 500 références s’y acclimatera mal. Le bon usage reste l’occasion, l’automobile, l’immobilier et la vente de proximité.
Booking, Temu, Vinted : le podium 2026 bouge
Trois dynamiques opposées cohabitent dans le haut du classement. Elles illustrent des tendances du e-commerce très différentes.
Booking.com profite de la saison
La plateforme de réservation signe la plus forte progression du trimestre : +2,3 millions de visiteurs, soit +11,6 %. Les ponts de mai et la préparation des vacances d’été expliquent ce bond. Avec 2,4 millions de visiteurs quotidiens seulement, Booking illustre un usage ponctuel : on y vient pour organiser un séjour, pas pour flâner chaque matin.
Les hébergeurs y trouvent une inscription gratuite, compensée par une commission sur réservation dont le taux figure au contrat. Leçon pour un e-commerçant : une audience mensuelle élevée peut cacher une fréquence faible.
Temu perd 3,1 millions de visiteurs
La plateforme chinoise passe de 24,4 à 21,3 millions de visiteurs mensuels, soit -12,7 % en trois mois. Elle cède sa place sur le podium. Ses habitués, en revanche, ne décrochent pas : 5,4 millions de personnes s’y rendent chaque jour, contre 4 millions un an plus tôt.
Autrement dit, Temu touche moins de monde, mais ceux qui restent viennent plus souvent. 91,9 % des visites se font sur mobile. Pour y vendre, le programme local lancé en France en 2024 impose un stock dans l’Union européenne et un numéro de TVA intracommunautaire. L’inscription est gratuite.
Vinted s’installe dans le top 5
Avec 20,1 millions de visiteurs mensuels et 6,3 millions de visites quotidiennes, Vinted fait mieux que Temu, Booking ou E.Leclerc en fréquence. Un tiers de son audience mensuelle passe chaque jour sur la plateforme. Le seconde main a débordé des vêtements : jouets, décoration, électronique, livres.
Vinted Pro s’adresse aux structures disposant d’un SIRET. L’inscription et la vente restent gratuites pour le vendeur, dans six grandes catégories. La contrainte est claire : le positionnement seconde main ne s’adapte pas à tous les catalogues.
Grande distribution : Leclerc, Lidl, Carrefour et le drive comme porte d’entrée
Les enseignes alimentaires occupent trois places du top 10. Leur audience mélange courses, catalogues promotionnels et marketplace.
- E.Leclerc : 20 millions de visiteurs mensuels, 3,1 millions par jour. Une marketplace ouverte aux professionnels, dont les commissions varient selon la catégorie et se fixent à l’ouverture du compte.
- Lidl : 18,7 millions de visiteurs, avec 92,7 % de visites sur mobile. La boutique en ligne mise sur les arrivages non alimentaires et les marques maison.
- Carrefour : 18,6 millions de visiteurs, à 81 000 de Lidl. La marketplace fonctionne avec un abonnement mensuel et une commission, communiqués sur demande par l’équipe vendeurs.
Le signal le plus utile ne vient pas des prix, mais du mobile. Chez Lidl, neuf visiteurs sur dix arrivent depuis un téléphone. Une fiche produit illisible sur petit écran perd l’essentiel du trafic, quel que soit le canal.
Shein et Cdiscount : les deux visages du top 10
Shein remonte de la 12e à la 9e place, sans regagner d’audience. Son trafic reste stable à 15,5 millions de visiteurs, en baisse de 7,1 % sur un an. Ce sont ses concurrents qui ont reculé. Le site détient le record du mobile : 95,2 % de visites sur téléphone et tablette, pour 3,7 millions de visiteurs quotidiens, contre 4,4 millions un an plus tôt.
Sa marketplace a connu un épisode judiciaire notable. Après la découverte de produits illicites à l’automne 2025, l’État a demandé la suspension du site, puis de sa place de marché. La cour d’appel de Paris a refusé cette suspension le 19 mars 2026. La plateforme reste ouverte, sous surveillance.
Cdiscount ferme le top 10 avec 15,4 millions de visiteurs, à 88 000 de Shein. Ses 1,3 million de visiteurs quotidiens constituent le score le plus faible du classement. On s’y rend pour un achat précis, rarement pour flâner. La marketplace revendique 10 000 vendeurs, avec un abonnement à 39,99 € HT par mois et une commission de 15 % sur la plupart des catégories. En neuf, elle va de 5 % à 20 % selon le produit, sans frais d’ouverture.
Derrière, AliExpress pointe à la 11e place avec 15,1 millions de visiteurs, contre 15,9 millions au trimestre précédent. Intermarché gagne deux places, ManoMano revient dans le top 20 et Airbnb engrange près de 1,6 million de visiteurs supplémentaires.
Le mobile, passage obligé du trafic web marchand
Les chiffres de fréquentation par terminal donnent une consigne opérationnelle immédiate. Voici les quatre sites du top 20 où la part de mobile est la plus forte :
- Shein : 95,2 %
- Lidl : 92,7 %
- Temu : 91,9 %
- Vinted : 91,8 %
À l’inverse, Amazon reste le site le plus consulté sur ordinateur, avec 36 % de son audience, devant Leroy Merlin (33,9 %) et ManoMano (31,3 %). La logique tient à la nature du produit : une perceuse ou un lave-linge se comparent mieux sur grand écran.
Testez vos fiches produits sur un téléphone avant tout le reste. Photos, prix, bouton d’achat : tout doit se lire sans zoomer. Un site marchand qui échoue sur mobile perd le canal majoritaire, même avec un bon référencement.
Marketplaces chinoises : la fin de l’euphorie ?
Au deuxième trimestre, les trois plateformes asiatiques du classement perdent de l’audience mensuelle en même temps. Les chiffres de l’été confirment la tendance. En juillet 2026, d’après les données Médiamétrie citées par le gouvernement le 28 octobre (Le Figaro, octobre 2026), la fréquentation mensuelle chute sur un an :
- Shein : -42,3 %
- Temu : -36,4 %
- AliExpress : -10,4 %
Le ministre du Commerce, Serge Papin, annonce parallèlement une baisse d’environ 25 % de leurs ventes en valeur en septembre. L’explication tient en une ligne : l’addition a changé. Depuis le 1er juillet 2026, tout envoi hors Union européenne d’une valeur de 150 € ou moins supporte un droit de douane forfaitaire de 3 € par catégorie d’article. À partir du 1er novembre 2026, des frais de traitement de 2 € par catégorie s’y ajoutent, selon la douane française.
Sur une commande de 15 € avec un seul type d’article, cela représente 5 € de taxes, soit un tiers du prix. Pour un vendeur européen, c’est une fenêtre : le différentiel de prix se réduit mécaniquement sur les petits paniers.
Marketplace ou boutique : la méthode du double étage
La question revient à chaque audit : faut-il vendre sur ces géants ou garder sa boutique ? La réponse tient rarement dans un seul choix. La méthode du double étage consiste à séparer deux fonctions : la visibilité et la relation client.

Étage 1 : louer le trafic pour exister
Une jeune marque sans audience n’a aucun intérêt à attendre. Les marketplaces louent leur trafic : sur Amazon ou Cdiscount, comptez environ 40 € HT par mois avec un compte professionnel, plus une commission. En face, 15 à 41 millions de visiteurs mensuels. Pour tester un produit ou écouler un stock, c’est le chemin le plus court.
Le revers est connu : vous jouez selon leurs règles, et la concurrence sur le prix frappe fort. Une PME qui vend des accessoires de cuisine, comme la fictive Maison Cabestan, y gagnera ses premiers clients mais rarement sa marge.
Étage 2 : construire un canal qui vous appartient
Sur une marketplace, le client reste celui de la plateforme. Pour construire une marque et fidéliser, il faut sa propre boutique. Le critère de bascule est mesurable : quand les clients récurrents représentent une part significative du chiffre d’affaires, la marge perdue en commission devient plus coûteuse que l’acquisition directe.
Beaucoup d’entreprises tiennent les deux étages en parallèle. La marketplace sert de vitrine et de test; la boutique propre conserve les clients qui reviennent. Cette combinaison constitue l’une des tendances du e-commerce les plus solides chez les PME françaises, et elle s’applique aussi bien aux marketplaces françaises qu’aux plateformes internationales.
Un dernier repère pour calibrer les attentes. Les Français ont dépensé 196,4 milliards d’euros en ligne en 2025, en hausse de 7 %, selon la Fevad. Le panier moyen recule à 62 € (-3 %), tandis que le nombre de transactions progresse de 10 %. Au deuxième trimestre 2026, les ventes atteignent 52,2 milliards d’euros (+8,5 %), avec un panier de 59,7 € (-4,3 %). Les services pèsent 120,3 milliards en 2025, bien plus que les produits. Voilà pourquoi Booking figure sur le podium.
Trois décisions à prendre ce trimestre
- Auditer vos fiches produits sur mobile. Photos, prix, bouton d’achat : testez sur un téléphone d’entrée de gamme, pas sur votre ordinateur.
- Choisir un seul étage pour commencer. Si vous n’avez ni audience ni budget acquisition, ouvrez un compte professionnel sur une marketplace avant de bâtir votre boutique.
- Suivre la fréquence, pas seulement l’audience. Un site avec 20 millions de visiteurs mensuels et 6 millions de visites quotidiennes vaut mieux qu’un pic saisonnier sans retour.
Le baromètre du troisième trimestre dira si la taxe sur les petits colis entame le noyau dur de Temu. En attendant, le classement des sites e-commerce reste un outil de décision, pas un palmarès. Choisissez votre canal en fonction de vos marges et de votre capacité à servir, puis mesurez. Le reste suivra.

































