Douze mises à jour en quelques semaines. C’est le rythme qu’Anthropic a imposé à Claude, et il commence à peser sur l’organisation des équipes. Sur un poste de test, une seule question a suffi à remplir 10 % de la fenêtre de contexte, soit environ 100 000 tokens sur un million, avant même d’avoir demandé quelque chose d’utile. Voilà le vrai sujet : la puissance est là, le ménage ne suit pas.
Claude ne se contente plus de répondre. Il lance trois sessions en parallèle pour écrire une page de vente, des e-mails et des posts Instagram. Il sort un visuel prêt à publier en une minute environ. Il range ses conversations en sections, produit des slides, et un agent nommé Duet lit la boîte mail pour proposer une facture.
Pour une PME, l’enjeu n’est pas de tout activer. C’est de choisir deux ou trois fonctions qui servent un dossier réel, et de laisser le reste tranquille. Ce tri demande une méthode, pas de la curiosité. Les nouveautés arrivent plus vite que les usages, et l’écart se creuse entre ceux qui accumulent les onglets et ceux qui livrent.
- Deux onglets seulement : Claude et Code. Cowork a été rangé dans le chat, plus de mode à choisir avant de demander.
- Sessions imbriquées : une session peut en lancer trois autres et les piloter depuis une session principale épinglée.
- Carte Contexte : 10 % consommés dès la première question, connecteurs et skills inclus. Le nettoyage devient une compétence.
- /skill-doctor : 47 skills chargés et jamais lancés sur le poste de test. Le diagnostic est brutal, mais utile.
- Artefacts : documents, diapositives et visuels accessibles sur toutes les offres, tableau de bord en bêta payante.
- Claude Duet : agent annoncé le 21 octobre 2026, en préversion de recherche sur liste d’attente.
- Priorité : commencer par les fonctions gratuites, garder les accès sensibles pour la fin.
Claude et Code : les deux onglets qui changent votre façon de travailler
À l’ouverture de l’application de bureau, deux onglets trônent en haut à gauche : Claude et Code. Cette séparation paraît anodine. Elle conditionne pourtant tout le reste, car la majorité des nouveautés décrites ici vivent dans l’onglet Code, qui exige un abonnement payant (Pro, Max, Ultra, Team ou Enterprise).
Bonne nouvelle : Cowork a été intégré au chat. Vous n’avez plus à trancher avant de formuler une demande, ce qui simplifie l’entrée pour les équipes marketing. Si l’ancien affichage persiste, une mise à jour suffit dans la plupart des cas, le déploiement étant progressif. Pour y voir clair sur les deux logiques, ce comparatif sur le choix entre Claude Code et Cowork fait gagner du temps.
Le point à retenir : l’onglet Code n’est pas réservé aux développeurs. On lui parle en français, comme à un collègue. La seule compétence réellement nécessaire, c’est la capacité à décrire un livrable attendu avec précision.

Les 12 nouveautés Claude qui méritent votre temps
Toutes les fonctions ne se valent pas. Certaines font gagner des heures, d’autres ajoutent du bruit. Voici le tri, avec ce que chaque brique fait vraiment et l’endroit où elle coince.
Le panneau de session et la carte Contexte
À droite de la conversation, un panneau indique où tourne la session et dans quel dossier elle travaille. Juste en dessous, l’interrupteur Remote Control permet de la reprendre depuis le téléphone. C’est le premier réflexe à prendre pour suivre un travail long sans rester scotché à l’écran.
La partie la plus instructive reste la carte Contexte. Elle détaille ce qui remplit la mémoire de travail de Claude. Sur le poste de test, une seule question a placé le curseur à 10 %, soit environ 100 000 tokens sur un million, une bonne part venant des connecteurs et des skills chargés d’office. Si le compteur démarre haut, le problème n’est pas la question posée mais l’environnement.
Deux réglages valent le détour dans la rubrique Claude Code : connecter les nouvelles sessions à Remote Control, et empêcher la mise en veille de la machine. Attention tout de même, fermer le capot d’un portable déclenche la veille malgré tout, et la session décroche.
Les sections, les sessions imbriquées et l’écran partagé
Après quelques jours, la liste des conversations devient illisible. Les sections corrigent cela en trois clics : clic droit sur une session, Déplacer vers une section, puis création d’un dossier nommé. Une section par client ou par projet, et le bruit disparaît.
Le vrai changement se joue ailleurs. Une session peut désormais en lancer d’autres, sur simple demande. À partir d’un brief unique, trois sessions ont été créées : page de vente, e-mails, Instagram. Elles apparaissent juste en dessous, avec un point bleu pour celles qui n’ont pas été lues. La différence avec un sous-agent est nette : ici, on garde une conversation entière, on peut relire et poursuivre.
Détail appréciable : le brief ne contenait pas les noms des cafés de la boutique fictive, et Claude n’en a inventé aucun. Il a laissé des emplacements à compléter. En revanche, trois sessions en parallèle consomment le quota plus vite qu’une seule, et l’écran partagé (Option + clic sur Mac, Alt + clic sur Windows) devient vite chargé au-delà de deux fenêtres.
La session principale ajoute une couche de pilotage : on épingle une session, puis on lui demande quelles autres attendent une décision. Deux limites à connaître. Sa vue se limite par défaut aux 20 sessions les plus récentes de l’application, terminal et cloud exclus. Et le rangement peut bloquer : une section créée, un déplacement refusé, et les sessions détachées ne signalent plus leur fin.
Projects, discussions latérales et commandes utiles
Claude Code Projects reste en bêta publique sur Pro, Max et Ultra, sans accès pour Team et Enterprise, avec une liste d’attente si l’option n’apparaît pas. Le principe : une seule conversation, un fil par tâche, et des fils qui tournent dans le cloud même ordinateur fermé. À l’inverse, les sessions imbriquées ont besoin d’une machine allumée. La règle est simple : le travail dépend de vos fichiers locaux, prenez les sessions ; le chantier doit avancer sans vous, attendez Projects.
Les discussions latérales répondent à un agacement quotidien : poser une question sans interrompre une tâche longue. Cmd + ; ou /btw ouvre un fil annexe qui voit la session mais n’y écrit pas. Plusieurs onglets possibles, avec une réserve de taille : rien n’est enregistré. Une réponse utile se copie immédiatement.
Du côté des commandes, /skill-doctor affiche le coût de chaque skill et son usage réel. Sur le poste de test, 47 skills chargés n’avaient jamais été lancés. /advisor laisse Claude solliciter un modèle plus puissant sur les passages stratégiques : on travaille avec Sonnet, il consulte Opus 5.5 quand cela compte, et l’option reste désactivée par défaut. /doctor pousse la logique plus loin en proposant de couper 4 plugins et 7 serveurs MCP jamais appelés, sans jamais agir sans accord. Pour aller plus loin, la sélection des serveurs MCP réellement utiles évite d’empiler des connexions dormantes.
Artefacts : documents, diapositives, visuels et tableaux de bord
C’est la nouveauté la plus visible, et sans doute la plus rentable pour une équipe marketing. Quatre modèles attendent dans la colonne de gauche. Documents, Diapositives et Design sont accessibles sur toutes les offres, y compris la gratuite. Tableau de bord reste en bêta réservée aux offres payantes.
Documents fonctionne comme un traitement de texte avec Claude à l’intérieur : il rédige dans le panneau de droite, on le regarde écrire, on sélectionne une phrase pour commenter. Diapositives sort cinq slides exportables en PowerPoint ou PDF, privées tant qu’elles ne sont pas partagées. Design couvre tout le visuel et a produit un post Instagram en une minute environ. Un détail à noter pour les habitués du service historique : l’ancien site Claude Design ferme le 14 décembre 2026 et passera en lecture seule, ce qui rend la migration urgente. Le détail des modèles est détaillé dans ce tour d’horizon de Claude Design et de ses modèles.
Motion, qui génère des animations, reste réservé aux offres Team et Enterprise. Les artefacts dotés d’IA permettent aussi d’intégrer Claude dans une page pour que des collègues interrogent leurs propres chiffres. Une limite rencontrée : sur le modèle Tableau de bord, la réponse fut « Cette fonction n’est pas disponible dans cette vue du tableau de bord ». En repassant par un artefact classique, tout a fonctionné, y compris une analyse de la baisse d’août avec la précision que la cause ne figurait pas dans les données. Chaque question est décomptée du quota de la personne qui la pose.
Mods, raccourcis et Claude Duet
Un mod est un petit ajout qui modifie l’application elle-même. On le décrit, Claude l’écrit. Une barre affichant le pourcentage de contexte a ainsi été codée, puis activée après autorisation, affichant 12 %. Cette autorisation n’est pas décorative : un mod tourne avec vos accès, peut lire et modifier des fichiers, lancer des programmes et envoyer des données vers Internet. La restriction à un dossier précis n’a pas pu être garantie, d’où un mod rattaché à une seule session.
Les raccourcis ne font pas du bruit médiatique, mais changent le quotidien. Cmd + / affiche la liste complète ; Cmd + K cherche ou démarre une session ; Cmd + N en ouvre une nouvelle. Sur Windows, Ctrl remplace Cmd.
Reste Duet, la brique la plus intrigante. Cet agent, annoncé le 21 octobre 2026, n’attend pas les questions : il revient vers vous. Préversion de recherche sur liste d’attente, accès prioritaire aux abonnés américains Pro, Max et Ultra, Team et Enterprise pas encore concernés. Pendant la configuration, une phrase mérite lecture attentive : Duet lit les applications connectées et peut y agir sans sollicitation, en reprenant les accès déjà branchés, Gmail, Drive ou Notion par exemple.
Le test parle de lui-même. Une comparaison de tarifs pour 4 200 inscrits entre Brevo et Mailchimp a été menée par l’agent seul, navigateur ouvert, pages de prix visitées. Résultat rendu : 28 € par mois chez Brevo contre un peu plus de 67 € chez Mailchimp, avec la précision d’un calcul sur 4 envois mensuels car les deux ne facturent pas de la même manière. Trois réserves : il s’organise seul, jusqu’à créer un brief quotidien à 8 h 08 sans demande ; ses vérifications en arrière-plan consomment le quota ; il peut mal juger une urgence. Avant d’envoyer, payer, signer ou supprimer, il doit demander accord.
Où ouvrir chaque nouveauté Claude : le tableau de correspondance
| Nouveauté | Comment l’ouvrir | Utile pour |
|---|---|---|
| Panneau de session | À droite d’une session, onglet Code | Suivre l’avancement et le contexte |
| Sections | Clic droit puis Déplacer vers une section | Ranger par client ou projet |
| Sessions imbriquées | Demande formulée dans une session | Découper un brief en trois livrables |
| Session principale | Épingler une session puis l’interroger | Piloter plusieurs chantiers |
| Claude Code Projects | Barre latérale ou menu Plus | Gros chantier en arrière-plan |
| Discussions latérales | Cmd + ; ou /btw | Question rapide sans interrompre |
| Écran partagé | Option + clic sur Mac, Alt + clic sur Windows | Comparer deux sessions |
| Artefacts | Artefacts, colonne de gauche | Documents, slides, visuels, tableaux |
| Commandes | Tapez / dans la zone de saisie | Diagnostic et nettoyage |
| Mods | Décrire le mod voulu dans une session | Adapter l’interface à son usage |
| Raccourcis clavier | Cmd + / | Vitesse d’exécution |
| Claude Duet | Liste d’attente, mobile ou claude.ai | Tâches proactives et veille |
La règle des 3 C pour trier sans se noyer
Douze fonctions, un seul quota, et une tentation évidente : tout essayer. C’est le meilleur moyen de n’en maîtriser aucune. D’où une grille simple, construite sur trois mots : Contexte, Chantier, Contrôle.
Contexte. Avant d’ajouter une fonction, regardez ce qui encombre déjà la mémoire de travail. Une fenêtre qui démarre à 10 % avant la première question est un signal. La carte Contexte et /skill-doctor traitent ce sujet en dix minutes, sans abonnement supplémentaire, et conditionnent la qualité de tout le reste. Un contexte propre vaut mieux qu’un prompt sophistiqué.
Chantier. Une fonction ne mérite votre temps que si un livrable réel l’attend. Pas de sessions imbriquées sans brief à découper. Pas de Projects sans gros dossier. Pas de Duet sans processus répétitif à surveiller. La productivité ne vient pas de la fonction, elle vient de la correspondance entre l’outil et la tâche.
Contrôle. Tout ce qui agit à votre place se paie en accès, en quota ou en vigilance. Mods, Duet et artefacts connectés entrent dans cette catégorie. La règle est nette : on ouvre un accès après avoir identifié ce qu’il remplace, jamais avant. Un agent qui lit la boîte mail et propose une facture rend service ; le même agent sans garde-fou devient un risque.
Appliquée à une PME de dix personnes, cette grille donne un résultat concret : deux fonctions adoptées en profondeur valent mieux que douze testées en surface. L’automatisation et l’analyse de données ne progressent pas par accumulation d’options, mais par répétition d’un flux maîtrisé.
Par où commencer dès cette semaine
Inutile de tout activer le même jour. L’ordre compte davantage que l’exhaustivité, et quatre fonctions ne coûtent rien tout en servant immédiatement.
- Nettoyer le contexte avec la carte Contexte et /skill-doctor. Objectif : descendre sous les 5 % avant la première vraie demande.
- Créer deux sections si la liste des conversations s’allonge. Un client, un projet, rien de plus.
- Ouvrir une discussion latérale lors d’une tâche longue, et copier la réponse utile avant de fermer l’application.
- Tester un artefact sur un document ou une présentation déjà attendue, pour mesurer le temps réellement gagné.
Viennent ensuite les sessions imbriquées, quand un brief mérite d’être découpé en trois, puis Projects pour les chantiers de fond. Duet et les mods ferment la marche, le temps de vérifier les connecteurs déjà branchés sur le compte et de couper ce qui n’a pas lieu d’être partagé. Ceux qui maîtrisent cette séquence ne courent pas après les nouvelles fonctionnalités : ils les attendent de pied ferme, avec un dossier prêt à tester.
Choisissez une seule nouveauté, appliquez-la à un livrable réel cette semaine, et mesurez. Pour les équipes qui veulent aller plus vite sur le web, un détour par la création d’un site avec Claude Code donne une idée assez juste de ce que l’onglet Code permet sans être développeur. Le reste suivra au rythme des mises à jour, sans pression et sans onglet oublié.

































