Odoo applique une règle que peu d’éditeurs osent : une seule application installée, zéro euro, quel que soit le nombre de personnes dans l’équipe. Le CRM seul reste donc gratuit sans limite de durée, et sans carte bancaire à l’inscription. La question n’est pas de savoir si l’offre existe, elle est de savoir jusqu’où elle tient quand une équipe commerciale veut vraiment suivre ses affaires. Sur Trustpilot, l’éditeur belge affiche 3,1 sur 5 pour 1 299 avis, relevé le 21 octobre 2026, avec presque autant de 5 étoiles que de 1 étoile. Le signal est clair : le produit séduit, la facture fâche. La bonne nouvelle, c’est que la frontière entre le gratuit et le payant est parfaitement identifiable. Elle se situe à un endroit précis : la deuxième application. Tant que le CRM vit seul, tout fonctionne. Dès qu’on lui adjoint Ventes, Site Web ou E-mail Marketing pour produire des devis, capter des formulaires ou lancer des campagnes, la base entière bascule au plan Standard et chaque siège devient payant. Ce guide reprend chaque écran utile, les tarifs relevés en 2026 et les pièges à éviter pour ne pas payer par accident.
En bref
- Version gratuite Odoo : une application, utilisateurs illimités, sans date d’expiration.
- Le CRM inclut sans surcoût Agenda, Contacts, Discussion et Tableaux de bord.
- Point de bascule : toute deuxième application installée fait passer la base au plan Standard.
- Standard : 19,90 € HT par utilisateur et par mois la première année, puis 24,90 € HT.
- Les crédits (enrichissement de fiches, IA, SMS) restent payants même sur l’offre gratuite.
- Suivre prospects et relances : l’offre gratuite suffit. Éditer devis et factures : il faut budgéter.
Odoo CRM gratuit : ce que la version gratuite couvre réellement
À l’inscription, une seule case à cocher : CRM. Odoo l’affiche en jaune avec la mention « Gratuit, avec des utilisateurs illimités, pour toujours ». Le nom de l’entreprise devient l’adresse de la base, du type studio-horizon.odoo.com, et l’espace de travail est prêt en quelques secondes.
Le module embarque les briques nécessaires à son fonctionnement, sans surcoût :
- Agenda pour caler les rendez-vous clients ;
- Contacts pour le fichier clients et prospects ;
- Discussion pour les échanges internes ;
- Tableaux de bord pour les indicateurs commerciaux.
L’argument décisif face à HubSpot ou Zoho : le nombre de sièges n’est pas plafonné. Les invitations partent des paramètres et le prix reste à zéro. Sur un modèle économique classique, l’idée surprend ; chez Odoo, c’est le produit d’appel assumé.
Une inscription rapide, une validation à ne pas rater
Un détail expire vite : le mail d’activation. Sans validation, la base ferme au bout de 3 heures. Le genre de piège qui coûte une demi-journée à une équipe pressée. Une fois le lien cliqué, l’accès devient permanent.

Le pipeline, ou le suivi des ventes en un coup d’œil
Chaque colonne représente une étape, chaque carte une affaire avec son montant. En haut des colonnes, Odoo additionne : 23 500 € en attente dans une étape Proposition, par exemple. Les étoiles signalent les dossiers prioritaires, le glisser-déposer fait avancer une affaire d’un cran.
Les étapes se renomment et s’ajoutent librement, une colonne Négociation se crée en deux clics. En revanche, inutile d’ajouter une colonne « Perdu » : un bouton dédié existe et sort l’affaire du pipeline automatiquement. Détail bête, mais qui évite un tableau encombré de fausses étapes.
Pistes et relances : le socle de la gestion de la relation client
Un CRM sans relances n’est qu’un fichier clients amélioré. Odoo traite ce point sérieusement, y compris dans sa mouture gratuite.
Qualifier une piste sans sortir la carte bancaire
Une case à cocher dans les paramètres active l’étape « Pistes », placée avant le pipeline. Une piste, c’est une demande non qualifiée : un clic la convertit en opportunité. Deux canaux d’entrée fonctionnent en gratuit, l’adresse e-mail de l’équipe commerciale qui crée une fiche à chaque message reçu, et l’import Excel ou CSV pour reprendre un tableur existant.
Le formulaire de contact du site, lui, exige l’application Site Web. Deuxième application, donc plan payant. Ce point revient plus bas, car il surprend souvent les équipes qui misent tout sur l’inbound.
La fiche opportunité, plus complète qu’elle n’y paraît
Revenu attendu, date de clôture, probabilité de signature : l’essentiel tient sur un écran. Le pourcentage se saisit à la main, mais Odoo calcule aussi le sien à partir des affaires déjà gagnées ou perdues. Avec peu d’historique, la valeur ne veut pas dire grand-chose ; elle s’affine au fil des ventes sans consommer de crédits.
Besoin d’un champ maison, secteur, budget ou taille de site ? Il s’ajoute depuis la fiche, sans Studio, et peut s’afficher directement sur les cartes du pipeline. Studio, l’outil de personnalisation, ferait basculer vers le plan le plus cher : autant l’éviter pour un simple champ texte.
À droite, l’historique complet. Les échanges client arrivent dans la fiche, les notes internes restent invisibles côté client. Plus besoin de fouiller sa boîte mail pour retrouver une réponse.
Le délai d’obsolescence, le garde-fou anti-oubli
Sur chaque étape, on fixe un nombre de jours avant alerte. Avec 5 jours sur Proposition, la boutique en ligne d’une fromagerie de démonstration est ressortie en rouge : l’affaire dormait depuis 8 jours. Impossible de la manquer. La vue Activités centralise les relances, les retards en rouge, et chaque appel terminé propose aussitôt la prochaine action à planifier.
Résultat concret : aucune affaire ne reste sans suite. C’est exactement ce que cherche une PME qui vit de la prospection commerciale, et c’est aussi le point faible de nombreux outils de relance commerciale automatisée bridés en version d’entrée.
Fonctionnalités Odoo CRM payantes : le point de bascule précis
La gratuité s’arrête net sur les devis. Créer un devis depuis une opportunité suppose l’application Ventes. Or dès qu’une deuxième application s’installe, la base passe au plan Standard, et chaque utilisateur devient payant, pas seulement celui qui édite des devis. Voilà le point que beaucoup découvrent trop tard.
Les applications qui déclenchent le plus souvent le passage au payant :
- Ventes pour les devis et commandes, puis Facturation pour encaisser ;
- Site Web pour le formulaire de contact qui alimente les pistes ;
- E-mail Marketing ou SMS Marketing pour les campagnes ;
- Téléphone, WhatsApp ou Live Chat, chacune reliée au CRM.
| Plan | 1re année | Ensuite | Ce qu’il comprend |
|---|---|---|---|
| Une App Gratuite | 0 € | 0 € | Une application, utilisateurs illimités, Odoo Online |
| Standard | 19,90 € HT | 24,90 € HT | Toutes les applications, Odoo Online |
| Personnalisé | 35,90 € HT | 44,90 € HT | En plus : Studio, IA agentique, multi-sociétés, API externe |
Prix par utilisateur et par mois, en paiement annuel, grille relevée le 22 octobre 2026 sur la page tarifs française d’Odoo. Pour trois commerciaux au Standard, l’addition atteint 716,40 € HT la première année (3 × 19,90 € × 12), puis 896,40 € HT les années suivantes : le tarif réduit ne tient que 12 mois. La contrepartie, c’est un périmètre complet, avec toutes les applications incluses, dont la facturation électronique.
Tarifs Odoo CRM 2026 : les crédits, cette dépense invisible
Même sur le plan gratuit, certaines fonctions consomment des crédits achetés à part. Deux pièges méritent l’attention.
Générer du pipeline coûte des crédits
Le bouton « Générer du pipeline » va chercher des prospects dans un annuaire d’entreprises. Chaque piste trouvée consomme un crédit, plus un par contact. Odoo en offre 20 au départ, puis le crédit coûte 0,20 € (pack de 500 crédits à 100 €).
Le second piège est un réglage par défaut : Odoo complète les fiches à partir de l’adresse e-mail du client, et puise dans ces mêmes crédits. Sur une base de test, 9 crédits sont partis dès les premières fiches. Pour l’éviter, direction Paramètres du CRM, rubrique Génération de pistes, option « Enrichir les pistes sur demande seulement ». Deux autres postes fonctionnent au crédit : les fonctions d’intelligence artificielle (20 crédits offerts, puis 1 € le crédit) et les SMS (aucun crédit offert, environ 9 centimes l’unité vers la France).
Ce que disent les utilisateurs
Les avis Trustpilot confirment le diagnostic. Les clients satisfaits saluent un support réactif et des conseillers qui prennent le temps d’expliquer le paramétrage. Les mécontents pointent une facture qui grimpe à chaque module ajouté, des crédits SMS à payer et des commerciaux insistants. Nuance importante : ces retours portent sur Odoo dans son ensemble, souvent déployé en ERP complet. Avec le CRM seul, ces frais restent hors jeu tant qu’aucune application ne s’ajoute et que les crédits sont surveillés.
La méthode des 3 strates pour rester gratuit
Plutôt que de retenir une liste de fonctions, mieux vaut raisonner en couches. Cette lecture en trois strates permet de savoir en une minute si un besoin fait déraper le budget.
- Strate 1, le socle. CRM seul, utilisateurs illimités, zéro euro. Pipeline, pistes, activités, rapports : tout ce qui sert à suivre et relancer tient ici. Aucun risque financier.
- Strate 2, les crédits. Enrichissement automatique, génération de pistes, IA, SMS. Le plan reste gratuit, mais la consommation se paie à l’usage. Un réglage par défaut suffit à faire fuir quelques euros par mois.
- Strate 3, la deuxième application. C’est la seule vraie bascule. Elle transforme un outil gratuit en abonnement par siège, pour toute l’équipe. La décision se prend ici, pas ailleurs.
L’erreur classique consiste à confondre strate 2 et strate 3. Beaucoup d’équipes croient devoir payer pour du reporting ou des champs personnalisés, alors que ces fonctions sont dans le socle. À l’inverse, d’autres activent Site Web pour un formulaire de contact et découvrent la facture au moment du renouvellement. Tester le CRM seul pendant un mois reste la meilleure façon de trancher : si le suivi des ventes tourne, le reste devient un choix budgétaire assumé. Pour situer l’outil dans une stack plus large, le comparatif des ERP aide à visualiser ce que coûterait le même périmètre ailleurs.

Odoo CRM face aux autres CRM gratuits
Le vrai point fort d’Odoo reste le nombre de sièges. Les autres acteurs du marché limitent nettement leur offre d’entrée.
| CRM | Version gratuite | À savoir |
|---|---|---|
| Odoo CRM | Utilisateurs illimités | Pas de devis sans passer au Standard |
| HubSpot CRM | 2 utilisateurs, 1 000 contacts | Sans date d’expiration |
| Zoho CRM | 3 utilisateurs | Offre payante au-delà |
| Pipedrive | Aucune, essai de 14 jours | Dès 14 € par utilisateur et par mois en annuel |
Pour une équipe de cinq ou six personnes, l’écart devient mécanique : chez Odoo, le coût reste nul tant que le CRM vit seul. Chez les concurrents, le plafond de sièges oblige à payer dès le quatrième commercial. Le détail complet des fonctionnalités et des retours d’usage figure dans cet avis complet sur Odoo.
Passer à l’action : le scénario qui correspond à votre équipe
Si le besoin se limite à suivre des prospects, programmer des relances et mesurer un taux de réussite, l’offre gratuite fait le travail. Pouvoir y loger toute l’équipe sans payer reste rare sur le marché, et c’est précisément ce qui justifie de commencer par là.
Si les devis et les factures doivent vivre dans le même outil, deux chemins se dessinent. Le premier : passer au Standard en calculant le coût sur l’ensemble des utilisateurs, pas seulement sur les commerciaux. Le second : garder le CRM gratuit et facturer à côté, avec un outil dédié, ce qui évite de payer des sièges pour des profils qui n’utiliseront jamais le pipeline. Pour arbitrer, un tour d’horizon des logiciels de gestion adaptés aux TPE et PME donne la mesure des alternatives.
Le bon réflexe : créer une base de test, valider le mail d’activation, désactiver l’enrichissement automatique, puis faire tourner le pipeline une semaine avec deux collègues. La décision se prend ensuite sur des faits, pas sur une plaquette commerciale.


































