Un co fondateur de Netflix assure que la publicité n’y aura jamais sa place

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Leader de la diffusion de vidéo à la demande, Netflix, s’est toujours distinguée par l’absence de publicité dans ses contenus. L’entreprise avait même publié une lettre à l’intention de ses investisseurs, pour balayer toutes les rumeurs concernant de futures offres gratuites ou moins chères qui incluraient de la publicité.

Plus récemment, une agence de conseils, qui travaille avec Youtube et Google, a de nouveau affirmé que le géant du VoD serait inévitablement amené à insérer des contenus publicitaires dans ses diffusions streaming pour maintenir sa croissance. Une étude a également démontré que si l’entreprise changeait de politique, la location d’espaces publicitaires lui permettrait de profiter d’un chiffre d’affaires supplémentaire d’un milliard de dollars, dont 700 millions de dollars de bénéfices.

Netflix, jusqu’à quand l’absence de publicités ?

Le sujet ne cesse pas de susciter des interrogations, tant le contexte semble être surtout en faveur de l’intégration de publicités dans les contenus diffusés par Netflix. L’entreprise pourrait en effet profiter d’un revenu supplémentaire conséquent grâce à ces affichages.

Le cofondateur de l’entreprise explique pourquoi Netflix évite les publicités

C’est Marc Randolph, le cofondateur de la société Netflix qui s’est exprimé sur la question. Selon lui, les diffusions streaming réalisées par l’entreprise ne contiendront jamais de publicités. Il affirme que la plateforme de VoD n’a jamais monétisé ses contenus et les chances que cela se produise sont nulles. En effet, il connaît très bien la politique de l’entreprise, bien qu’il l’ait quitté en 2003 et n’y dispose donc plus d’aucun pouvoir de décision.

Il explique néanmoins durant une interview que le fonctionnement de la firme est basé sur le Principe Canada et que ce dernier est tout à fait opposé aux stratégies de monétisation via les publicités. Selon lui, l’entreprise est rigoureusement attachée à ce principe, lequel lui recommande de se focaliser uniquement sur son activité principale, et de ne pas être tentée par des sources de revenus secondaires.

Dans le sujet qui nous préoccupe, la production de revenus publicitaires à travers la plateforme de diffusion de vidéo en streaming constituerait ainsi une ramification de l’activité de base de Netflix. Marc Randolph affirme ainsi qu’une éventuelle présence publicitaire dans les contenus de l’entreprise le surprendrait énormément.

Le Canada Principle de Netflix, une garantie contre les publicités

Si le co fondateur de Netflix explique la politique de l’entreprise concernant l’absence de publicité sur la base du Principe Canada, il est nécessaire de savoir en quoi celui-ci consiste concrètement. D’après ses explications, cela se rapporte aux débuts même de la société, alors que son activité aux USA était encore basée sur la location de DVD. Le principe sur lequel se base la plateforme est le même que celui qui l’a dissuadé de ne pas lancer la location de DVD au niveau du Canada. Cela lui aurait imposé de lourdes gestions en matière de devises et l’aurait distraite de son activité, sans pour autant lui faire profiter d’un réel bénéfice.

Actuellement, l’entreprise se concentre sur la diffusion de contenus vidéo en streaming et y réalise intégralement son chiffre d’affaires, sur la base d’un système d’abonnements. Intégrer des publicités dans ces diffusions lui impliquerait de moins se focaliser sur la création et le marché de la VoD, ce qui irait à l’encontre de son principe.

Netflix maintient le cap de la diffusion sans publicité

Pour Netflix, il semble que l’important est de préserver ses parts de marché de VoD et d’en gagner d’autres, grâce à des diffusions de contenus de qualité. Actuellement, l’entreprise a déclaré vouloir investir 15 milliards de dollars dans la production de contenus originaux pour augmenter le nombre de ses abonnés. Cet investissement sera réalisé à l’aide de prêts et non d’affichages publicitaires.

L’affichage publicitaire restera exclu de Netflix

La concurrence dans le secteur de la VoD s’est renforcée avec l’entrée en scène de nombreux nouveaux acteurs, comme Amazon, Disney et plus récemment Apple. Ces plateformes proposent par ailleurs des abonnements moins chers. D’ailleurs, le nouveau venu Hulu propose deux offres distinctes, dont une avec publicité à 5,99$ et une autre sans publicité à 11,99$. Chez Apple TV+, les contenus seront disponibles à partir de 4,99$.

Néanmoins, Netflix a de nouveau souligné que sa plateforme n’offrait ni de contenus à la carte, ni de contenus sponsorisés par de la publicité. En effet, le leader de la VoD propose trois types de tarifs qui varient uniquement en fonction du nombre d’écrans sur lesquels seront accessibles ses contenus. Ainsi, le forfait Essentiel limité à un seul écran est proposé à 7,99€/mois, le Standard, qui permet d’abonner deux appareils, est à 11,99€ et le Premium qui permet de regarder simultanément les contenus sur quatre écrans est à 15,99€.

Netflix se base ainsi sur un modèle économique qui lui est propre. Il souligne d’ailleurs dans sa lettre aux investisseurs que si l’affichage publicitaire est bon pour d’autres entreprises, sa plateforme est, quant à elle, spécialisée dans le forfait de diffusion illimitée sans publicité.